En bref
Le pinchage, c’est serrer les côtés de ton extension au niveau du bord libre pendant la catalyse, pour creuser la courbe en C. Le moment compte plus que la force : pince pendant la catalyse, quand le gel est encore souple, ni avant (il coule), ni après (il est dur). Le geste n’est pas anodin : trop appuyé ou trop fréquent, il peut décoller l’ongle naturel.
Ce que c’est, le geste dans l’ordre, le bon moment, doigts ou pince, puis les ratés les plus courants.
Ce que c’est
En onglerie, le pinchage consiste à resserrer une extension en gel de construction ou en acrygel pendant sa catalyse, c’est-à-dire pendant que le produit durcit sous la lampe UV ou la lampe LED. Le but : une courbe en C (la C-curve) plus marquée, cette courbure qu’on voit quand on regarde l’ongle de face, des bords plus fins et une meilleure solidité de la structure, quelle que soit la forme, amande ou ballerine.
Le mot vient de l’anglais « pinch », pincer. Il ne figure pas dans le Dictionnaire de l’Académie française : c’est un terme de prothésiste ongulaire. Il ne concerne ni le semi-permanent ni les capsules souples déjà courbées, qui ont leur courbe d’origine.
Le geste, dans l’ordre
Le pinchage s’insère dans la construction, après la couche de gel qui forme l’extension, sur capsule ou sur chablon.
- pose ta couche de gel de construction et passe la main sous la lampe ;
- catalyse une partie du temps indiqué par la notice (la vidéo ci-dessous sort la main à mi-temps) ;
- sors la main, et serre les deux côtés de l’extension au niveau du bord libre, quelques secondes, sans écraser le centre ;
- remets la main sous la lampe pour le temps restant ;
- continue la pose : nouvelle couche pour le bombé, limage, finition.
La vidéo ci-dessous montre ce geste au milieu d’une pose complète sur chablon, la méthode détaillée dans allonger tes ongles au gel sur chablon :
Le bon moment
Tout se joue sur la souplesse du produit. Trop tôt, le gel est encore liquide : il glisse sous tes doigts et la courbe retombe. Trop tard, il a durci, et serrer ne sert plus à rien.
Il n’existe pas de chiffre commun à tous les gels. Certaines notices donnent un temps de pinchage : c’est lui qui passe avant tout repère. Sans indication, le repère montré dans la vidéo est de sortir la main à mi-catalyse, quand le produit a encore la souplesse d’une pâte à modeler.
Doigts ou pince
Aux doigts, tu sens la souplesse du gel et tu doses la pression, mais ta peau touche un produit pas encore catalysé : un outil évite ce contact.
Les pinces à pincher, vendues par lots en boutique d’onglerie, maintiennent le serrage sans tes doigts. Certaines pinces se posent au bord libre comme un clip, d’autres se tiennent à la main ; c’est un choix de confort, pas une obligation.
Le risque pour l’ongle naturel
Doug Schoon, chimiste spécialiste des produits d’onglerie, recommande d’utiliser le pinchage avec une grande prudence. Il le juge acceptable en compétition, parce que ces ongles ne se portent pas longtemps, mais rappelle que les forces se concentrent là où l’ongle naturel est le moins bien attaché. Certaines personnes y sont plus sensibles, notamment les plus âgées.
Au premier signe de décollement, arrête le pinchage. Un ongle qui se décolle ou un lit d’ongle douloureux se montre à un médecin ou à un dermatologue. Le pinchage reste un choix, pas une étape obligatoire de la pose.
Les ratés
- pincer trop fort ou à chaque pose : en serrant les côtés, le centre de l’extension tire l’ongle naturel vers le haut, et plus le pinchage est appuyé, plus il risque de le décoller du lit de l’ongle, ce qu’on appelle une onycholyse ;
- pincer le gel encore liquide : il fuit sur les côtés, et tu gagnes une coulure à limer ;
- pincer tout le long de l’ongle au lieu du bord libre : la courbe se creuse au mauvais endroit ;
- compter sur le pinchage pour rattraper une forme mal posée : il affine, il ne redessine pas. Une forme se reprend à la lime, comme pour limer une forme amande symétrique.
Sources
- Doug Schoon, NailKnowledge, « Pinching enhancements »
- M’Nails, fiche « Pinces à pincher », lot de 5 pièces
- Dictionnaire de l’Académie française, article « pincer »
